De l’imperfection à l’action

Voilà, l’été a filé à toute allure, la rentrée est passée,  et nous voici, reprenant déjà le rythme quotidien. Vite vite on s’habille, vite vite, on avale le petit déjeuner, vite vite attrappe ton cartable, on va être en retard… Et encore cela ne figure que la première heure de mes journées…. Cela vous parle? Moi oui en tout cas et je pense que je ne dois pas être la seule

A côté de cela on n’a jamais assez de temps. Il y a ces choses qu’on rêve de faire et qu’on se réserve pour plus tard, pour quand on aura du temps. Il y a ces proches qu’on adore mais qu’on ne voit pas assez souvent, parce que le temps file trop vite. Enfin il y a toutes ces petites choses que l’on n’a pas le temps de faire, une partie supplémentaire de croc’carotte, prolonger la promenade, juste être assis ensemble et profiter de la présence de l’autre, parce qu’on à tout un tas de choses qui attendent d’être faites sur notre to do list.

On voudrait tout faire comme il faut, tout gérer parfaitement, assurer toutes nos « obligations », être productifs à chaque instant pour ne pas gâcher du temps, tout faire maison, tout en étant une mère parfaite, une épouse parfaite et j’en passe. Et pourtant apprécie-t-on vraiment cette course quotidienne? Et d’ailleurs, une course, ça suppose une ligne d’arrivée à la fin, non? Et quelle est-elle cette ligne d’arrivée? On court vers quoi au juste?

Ces derniers mois j’ai beaucoup réfléchi à tout cela, et je me suis posée beaucoup de questions et voilà ce qui et ressorti de mes réflexions.

1- Je ne suis pas Wonder Woman, alors je dois accepter que tout ne soit pas fait parfaitement tout le temps. Parfois (hum hum…) ma maison n’est pas nickel, même si le fait de posséder moins rend clairement le maintien d’une maison rangée beaucoup plus facile, parfois j’ai une pile de linge à laver, ou à repasser (ou les deux lol), parfois je colle mes enfants devant un film pour pouvoir prendre du temps pour cuisiner ou juste pour moi. Le fait d’accepter notre imperfection est primordial pour ne pas être dans une course constante pour tout faire de façon parfaite, ou même pour juste paraître parfaite (parfaite maman, parfaite minimaliste, parfaite zéro-dechet, etc) sur nos blogs, réseaux sociaux etc. Accepter l’imperfection c’est aussi cesser de minimiser ce que l’on fait bien, car à se focaliser et courir après ce que l’on ne fait pas suffisamment bien, on en oublie toutes les choses que l’on fait, tous les points sur lesquels on a avancé et qui font de nous ce que nous sommes aujourd’hui.

2- Le résultat de notre course après la perfection et après le temps nous amène parfois à être au bord de la saturation à cause de cette pression que l’on se met soi-même (bien plus que la pression sociale). Il est donc très important de savoir aussi faire une pause de temps en temps. On a aussi le droit de ne rien faire de temps en temps, même si tout n’est pas parfait chez nous. On peut se poser pour apprécier une tasse de thé, juste pour penser, ou ne pas penser. Cela nous permet de nous ressourcer et de nous remettre à l’action de façon plus posée et souvent plus réfléchie aussi plutôt que de foncer tête baissée par habitude dans une routine qui ne fait parfois même plus sens pour nous.

3- J’ai aussi appris que déléguer ou tout simplement laisser faire d’autres qui sont plus doués que moi pour quelque chose peut être salvateur. Oui je veux réduire mes déchets, oui le fait maison c’est génial, les cosmétiques homemade sont tops, tout comme les vêtements cousus main, ou les confitures, que sais-je encore. Je fais déjà pas mal de choses moi-même, mais je n’ai pas forcément le temps (ni les savoir-faire), ou plutôt je ne veux pas forcément consacrer tout mon temps à être la mère parfaite qui fait tout elle-même. Alors je relâche la pression et je me tourne vers des alternatives saines/ecolo/ethiques. Il existe de très bons cosmétiques naturels qui me permettent d’utiliser de bons produits sans avoir à la faire moi-même. Il existe aussi tout un tas d’artisans, de producteurs locaux qui ont un sens de l’éthique, qui utilisent des matières premières bio, bref qui me permettent d’acheter du « tout fait » tout en étant en accord avec mes valeurs, alors j’accepte de me tourner vers eux, dont c’est le métier, pour réaliser les choses pour lesquelles je n’ai aucun talent (mes enfants me remercieront de ne pas leur faire porter des vêtements fait maison mdr), ou tout simplement aucune envie car je préfère passer mon temps libre à simplement vivre avec ma famille. Le mode de vie minimaliste/ecolo/bio (ajoutez ici tout ce que vous voulez) n’est pas une compétition, ni le fait d’être la meilleure maman alors je me contente de faire ce que je peux, et ce que je veux faire tout en m’assurant que le reste est bien fait ailleurs.

4- En adoptant un mode de vie plus minimaliste je pensais d’abord aux objets et à uniquement ceux que j’aimais vraiment ou qui m’étaient vraiment utiles. Et puis peu à peu des objets je suis passée au reste de ma vie, et j’ai vraiment pris le temps de réfléchir à ce qui compte pour moi, ce à quoi je veux consacrer du temps, ce qui vaut la peine de s’investir. Le minimalisme est vraiment une façon d’appréhender la vie, bien plus que juste un rapport aux objets, en se focalisant sur ce qui nous rend heureux, et c’est bien connu, quand on se sent bien et épanoui, notre entourage en bénéficie aussi, donc il ne faut pas voir cela comme de l’égoïsme. J’ai arrêté d’insister pour maintenir le contact avec des gens dont je ne me sentais plus proche et dont eux, comme moi savons que cela n’est plus naturel, pour me concentrer sur ceux avec qui je partage un lien fort maintenant (qui du coup se renforce). J’ai arrêté de courir après des compétences qui font bien sur un CV, ou après ces choses que nous devrions avoir lues, ou vues. Et l’énergie et le temps libérés, je le consacre à ce qui me tient à coeur, ce qui me fait vibrer maintenant. Au fur et a mesure que mes envies se sont révélées plus précises je les ai notées, et j’ai essayé de voir ce que cela impliquait en terme d’action précises pour ne pas rester dans un vague « oh j’aimerais bien un jour …. ».

5- Prendre des décisions et passer à l’action MAINTENANT! On sait maintenant qu’on n’a pas besoin d’être parfait pour épater qui que ce soit (y compris et surtout soi-même), qu’on peut prendre du temps pour nous et pour prendre un peu de recul sur ce qui remplit nos journées et nos vies, on accepte de déléguer certaines choses et avec le temps et l’énergie libérés on a compris ce que l’on a envie de faire, à quoi on veut investir cela, alors MAINTENANT on agit, on se lance. Peu importe ce qui vous fait vibrer, votre rêve secret (et je ne parle pas là en terme d’objets, ou uniquement en choses monnayables, vous l’aurez compris même si certaines peuvent l’être), il y a sûrement un moyen de vous en rapprocher, de le toucher du doigt, en quelque sorte de cultiver sa réalisation.
Pour moi il s’agit d’un passage à un temps de travail de 80% depuis le 1er Septembre. Je suis consciente d’avoir la chance d’avoir un travail suffisamment rémunéré pour que notre vie reste tout à fait confortable au niveau financier et que cela peut paraître compliqué pour certains qui aimeraient en faire autant, mais ce changement qui me trottait dans la tête depuis un moment sans le mettre en oeuvre pour des raisons qui finalement n’en valent pas la peine (loyauté envers mes supérieurs etc), à tout changé pour moi puisqu’il me permet d’être plus présente auprès de mes enfants, plus disponible aussi mentalement pour ma famille toute la semaine, mes enfants et mon mari étant ce qui comptait le plus pour moi. Cela a vraiment transformé ma perception de la place de mon emploi dans ma vie.
Cela passe aussi par une déconnexion des réseaux sociaux dès mon retour à la maison et jusqu’au coucher des enfants. J’avoue ne pas être encore totalement au point la-dessus mais j’y travaille. J’imagine que c’est le risque d’être blogeuse, instagrammeuse etc.
Comme vous vous en doutez, ces deux changements l’un grand, l’autre moins ont tout deux une incidence très positive sur la façon dont je vis ma vie de famille et tout le monde apprécie à la maison.
J’ai aussi enfin passé le cap et me suis inscrite à des cours de japonais, moi qui remettais cela à plus tard, quand j’aurais le temps, etc alors que c’est un de mes rêves depuis si longtemps.
Ceux-ci et encore d’autres changements qui font une vraie différence pour moi ont été mis en place, car je suis enfin passée à l’action en me disant que c’était faisable MAINTENANT. Peu importe si ce n’est pas fait parfaitement, et finalement heureusement que ce n’est pas parfait, mais au moins c’est en cours d’achèvement, pas juste en stand-by sur une wishlist que l’on regarde de loin avec envie et ça ça change la vie! C’est pour moi le plus grand bénéfice ressenti du minimalisme (et c’est autrement plus classe qu’une armoire bien rangée non?)

J’aimerais beaucoup avoir vos réactions sur ces quelques réflexions récentes pour savoir comment vous aussi vivez cette course quotidienne et/ou si comme-moi le minimalisme vous apprend à ralentir pour mieux apprécier ce qui compte?

A très bientôt

Emm