Oui, je l’ai vendue.

Je me suis toujours imaginée garder ma robe de mariée toute ma vie et finalement j’ai passé le cap et je m’en suis séparée. Cette robe, achetée par ma maman et qui m’avait accompagné dans ce jour important que fût celui de notre mariage. Depuis, après avoir été nettoyée, elle était restée un bon moment chez mes parents où elle encombrait leur maison. Et puis nous l’avons ramenée à la maison l’an dernier, bien emballée dans un sac plastique, bien à plat, et je l’ai rangée dans la cave.

Depuis que j’ai entrepris de changer ma façon de vivre, je me suis mise à imaginer que les objets (enfin certains qui sont assez sentimentaux, pas les Tupperware je vous rassure) ont aussi leur vie. Et je me suis alors dis que cette jolie robe qui avait fait mon bonheur ce jour-là avait une bien triste façon de finir sa vie, dans une cave, dans un sac plastique.

J’ai réalisé que finalement, d’une certaine manière les objets que l’on aime, auxquels nous sommes attachés sentimentalement sont comme les gens que l’on aime. Je m’explique : les gens qu’on aime, qu’on aime vraiment je veux dire, on ne souhaite qu’une chose en définitive, leur bonheur (si possible avec nous). Et bien les objets qu’on aime, ou qu’on a aimé finalement c’est pareil. Je veux qu’ils aient ‘une belle vie’, qu’ils fassent le bonheur de quelqu’un d’autre après avoir fait le mien, au lieu de dépérir soigneusement rangé dans un plastique à la cave, ou sur une étagère.

Voilà, la décision était prise, j’ai ressorti ma robe une dernière fois, l’ai posée contre moi et me suis regardée dans le miroir avec ma robe une dernière fois, me suis rappelée combien je m’étais sentie jolie grâce à elle le 30 Aout 2008 et je l’ai mise en vente.

Emmanuelle 1_0001

Et un jour, une jeune femme est venue à la maison pour l’essayer. Elle trouvait la robe jolie, n’avait pas les moyens de s’en acheter une neuve même si elle ne s’était jamais imaginé en prendre une de seconde main, et elle voulait l’essayer. Je l’avais mise en vente, certes, mais je ne m’étais pas vraiment imaginé qu’elle allait être vendue… Je me suis alors demandé comment j’allais réagir… Et lorsque cette jeune femme est venue, et que je l’ai vue dans MA robe, j’étais très émue, tellement émue que mes yeux sont devenus tout brillants et j’ai su que j’avais pris la bonne décision. Cette jeune femme s’est regardée dans mon miroir, et elle aussi elle avait les yeux qui brillaient, et un grand sourire, ça y est, elle avait trouvé SA robe ! J’ai remballé soigneusement la robe dans son plastique une dernière fois, pour ne pas que son futur mari qui l’attendait dans la voiture ne puisse la voir, et je lui ai donné.

Elle est partie avec sa robe, son sourire et ses yeux qui brillent, et moi j’étais heureuse. Cette jolie robe allait avoir une nouvelle vie, allait participer au bonheur de cette jeune femme le jour de son mariage, ce qui est nettement plus chouette que d’être dans un sac plastique à la cave. J’ai vraiment ressenti une sorte de satisfaction et de plénitude d’avoir donné à ma robe ce qu’elle méritait.

Et depuis ce jour, la culpabilité que je pouvais ressentir à l’idée de me séparer d’objets ayant une importance sentimentale, que ce soit parce que je les ai reçus en cadeau, parce qu’ils ont participé à un moment de ma vie grand ou petit il y a peu ou il y a longtemps s’est envolée. L’objet n’est plus là, mais le souvenir du moment, du bonheur ressenti, de l’amour que la personne qui me l’a offert a pour moi, est lui bien toujours là, dans mon cœur, et pas dans un plastique à la cave.

Emm

12 Replies to “Le jour où j’ai vendu ma robe de mariée

  1. Très émouvant ton témoignage… Avec mon compagnon nous avons entrepris à travers nos déménagements de ne plus s’encombrer !! Aujourd’hui nous n’avons ni cave ni grenier et nous allons très bien comme ça. Je revends d’occasion ou donne à une association tout ce dont je ne me sers plus. En scrap c’est pareil je ne comprends pas les filles qui gardent des tonnes de matos dans des placards pleins alors qu’elles ne les utilisent jamais. Moi je revends régulièrement mon matériel pour désencombrer et pouvoir réinvestir. Les objets que j’ai vendu et qui m’ont émue le plus sont les affaires de mes enfants (habits de bébé notamment !). Mais quand je vois les parents qui n’ont pas de gros budget tout contents d’avoir trouvé de jolies choses pour leurs enfants je suis toute heureuse pour eux !! Cela vient sûrement du fait que mes parents n’ont jamais beaucoup de sous : je trouve le partage ou la revente à faible coût quelque chose de beau et intelligent (bon ben là je me flatte au passage mais je suis sincère à chaque fois ça me touche). Donc bravo à toi !!

    1. et Bravo à toi! Le bonheur de faire plaisir à quelqu’un peut être tellement fort. Et Il n’y a pas de mal à « se flatter » un peu ou reconnaitre ce que l’on peut faire de bien. Pour moi ce n’est pas être imbu de sa personne, car en se disant oui, j’ai fait quelque chose de bien, je crois que ça nous motive juste a faire encore mieux, et a être encore une meilleure personne.

  2. Merci de partager avec nous tes expériences, je trouve ton témoignage très émouvant. Ca me fait du bien de lire des choses telles que celles ci 🙂

  3. une très belle histoire et généreuse … bien dans l’esprit de faire vivre que que l’on aime

    j’ai ressorti la mienne il y a qq temps pour une séance avec mes filles , c’était très sympa aussi

  4. Je ne suis pas mariée et donc je n’ai pas de robe mais avant le minimalisme je n’imaginais pas la revendre un jour.
    Ton témoignage est intéressant c’est un vêtement qu’on ne portera qu’une fois et qui a toute une symbolique’ c’est clair que finir dans un plastique est quand même pas super comme fin de vie ( et bon c’est pas donné une robe de marié)
    J’ai connu une femme qui en avait une toute simple et qui l’avait faite teindre après son mariage pour la réutiliser en d’autre occasion (mais je n’ai jamais vu la robe) c’est sûrement une bonne façon de faire mais personnellement je n’ai pas d’occasion qui me ppermettrait de porter une très belle robe (à Noël ou au resto ça peut faire un peu too much)
    Tu as eu la chance de tomber sur une personne qui a trouvé sa robe tout de suite (a travers la tienne) mais ça aurait pu être plus compliqué (jme cherche des excuses alors que j’ai même pas de robe lol )
    Bon j’m’arrete là car j’ai quand même beaucoup aimé lire ton article .

    1. Certaines peuvent en effet transformer la robe pour la reporter, ou garder juste une partie (le bustier ou la jupe). en ce qui me concerne c’était vraiment une vraie robe et du coup, comme toi, je ne vois vraiment pas dans quelle occasion je pourrais reporter une robe comme cela même d’une autre couleur. Et oui, je suis bien contente et chanceuse que la première personne a venir ai craqué directement sur la robe!! lol

  5. Hello !
    Très chouette ton site, vraiment.
    Et de beaux challenges … je ne suis pas dans une démarche aussi poussée (je n’ai pas entamé le tri symbolique des 100 objets) mais de plus en plus vigilante sur la nature de mes achats, conso réduite (pas au minimum, mais contrôlée on va dire)…
    Bref, je n’adhère pas à tout mais pioche de-ci de-là dans ce dans quoi je me reconnais (j’avais des couches lavables pour mes enfants par exple, mais j’ai tjs conservé, auj encore l’eau d’Uriage pour leur toilette du visage … un rien paradoxal non ?) et, surtout qui me convient.
    Je trouve ton article très intéressant, pour son côté sur « la vie de l’objet », son utilité, l’attachement affectif… Et c’est justement ce dernier point qui fait, qu’à l’instant précis où je t’écris, je ne m’imagine pas me séparer un jour de ma robe de mariée…
    Pour le symbole, certes, pour l’affectif, surement …
    Peut-être aussi, parce qu’ayant 2 filles … j’ai le secret espoir que l’une d’elle pourrait, un jour, avoir le désir de la porter … est-ce vraiment réaliste, je ne saurais le dire, mais c’est là, dans un petit coin … des fois que …

  6. Bonsoir, je découvre ton blog aujourd’hui et je le trouve joli, intéressant et agréable à lire.
    Je commence à me pencher sur le minimalisme, je n’en suis qu’au désencombrement (cool) de la maison et au cotons et protège-slips lavables.
    Ton article m’a émue aux larmes moi aussi, même si je ne suis pas concernée puisque je me suis mariée en robe normale. Nous avons décidé de nous marier et deux mois plus tard, c’était fait ! J’avais une robe dans mon armoire depuis quelques semaines. Lors de l’essayage, je m’étais dit que je pourrais la mettre à un mariage sans savoir que ce serait au mien ! Bref, ma robe de mariée ne m’a coûté que 30 euros et je la reporterai sans souci.

    1. Merci beaucoup pour ton message.
      Je trouve cela super que tu puisses trouver l’occasion de reporter cette robe régulièrement. J’imagine le plaisir a chaque fois 🙂
      Quand à tes débuts, je te félicite, chaque pas compte et une fois lancée je suis sure que tu avanceras tranquillement!

  7. Très jolie histoire qui montre que tu as réussi à passer un cap ! J’ai ressenti cette même plénitude quand j’ai réussi à me séparer d’un objet appartenant à ma grand-mère décédée. Je n’avais pas besoin de cet objet pour penser à elle et il m’encombrait. Et pourtant je n’y arrivait pas … jusqu’au jour où comme toi j’ai réussi à passer ce cap. Maintenant mon rapport aux objets est encore plus détaché.
    Je te remercie pour cet article qui montre que OUI ON A LE DROIT DE SE SEPARER DE SA ROBE DE MARIEE ou de tout autre objet sentimental ! Il n’y a rien de mal à ça et ton témoignage prouve le contraire.
    Bonne journée 🙂

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