Comme je vous l’annonçais dans mon article bilan du mois de septembre d’hier, il était temps pour moi de faire une petite analyse de ma façon de consommer en matière de vêtements. En effet quand je vois la liste de fin septembre (et d’ailleurs sans la voir), celles des mois précédents et sachant que le mois dernier j’ai complètement craqué sur la collection capsule de la marque VETTA (qui n’est pas encore arrivée, c’est pour cela qu’elle ne figure pas dans le listing) je sais que la mode est ma grande faiblesse. Bonsoir, je m’appelle Emmanuelle et je suis une (ethic)shoppingaddict… J’aime les vêtements et j’en acquiers régulièrement, en deuxième main ou neufs.

Pourtant mon armoire ne déborde pas de vêtements, c’est donc que je ne garde pas longtemps les vêtements que j’acquiers. Alors certes, ils ne vont pas à la poubelle car ils sont donnés. Ce n’est pas si grave pour les vêtements déjà issus de deuxième main. Mais ceux qui passent du ‘acheté neuf’ au circuit de deuxième main, perdent en valeur et se rapprochent peu à peu de la fin de leur cycle de vie. Cette attitude de consommer autant de vêtements n’est ni durable (même s’il s’agit de marques engagées ou de deuxième main) ni très minimaliste… Car on conserve quand même cette propension à toujours changer, et finalement toujours consommer, en se voilant la face sous couvert d’engagement écolo puisque les vêtements sont éthiques.

La prise de conscience

Je pense que ce bilan de fin de mois du septembre fut un peu comme une indigestion pour moi. J’ai vraiment un sentiment de trop (qui commençait à venir depuis quelques temps, mais bon faut croire que je ne suis pas une rapide). Et je ne suis pas très fière de moi sur ce coup-là…  Un peu comme lorsqu’on se sent barbouillé et que l’on sait très bien que c’est de notre faute. On n’avait qu’à pas se gaver de chocolat (oui oui, ça sent le vécu… pour vous aussi?). Je me sens aussi en désaccord avec ce que je partage ici et cela ne me convient pas.

Je vous en parle aujourd’hui, maintenant que cette impression est un peu plus claire dans mon esprit, car il est important pour moi de partager mon parcours avec honnêteté en ne cachant rien des petites victoires mais aussi des moments de doute, des sentiments d’échec ou de culpabilité, les boulettes, etc. Ainsi je voudrais aussi montrer que l’image projetée parfois sur les réseaux sociaux n’est pas révélatrice de la totalité de la situation, et accessoirement que je suis loin (trèèèèèès loin) d’être une eco-consommatrice parfaite.

Pour vous comme pour moi, changer sa façon de vivre, de consommer, etc. ne se fait pas en un jour. Cela se fait à coup de grand bonds en avant, de détour, de gamelles, de pas en arrière puis en avant qui nous amènent quand même, petit à petit dans la bonne direction.

Il nous faut donc regarder notre parcours quel qu’il soit, dans sa globalité, avec réalisme pour ne pas se voiler la face, mais aussi bienveillance pour continuer à avancer et ne pas se décourager devant nos échecs afin qu’ils ne soient que temporaires. Alors oui, clairement, on touche ici, avec cette question de consommation modesque (yep ca existe dans mon dico personnel) à un des points sensibles pour moi, mais la bonne nouvelle c’est que la marge de progression est grande. Je peux clairement m’améliorer. Du coup, plutôt que de m’appesantir sur les sentiments négatifs de ce bilan pas joli joli, je vais essayer de me remettre dans le droit chemin.

L’analyse

Pour cela je me suis d’abord demandée pourquoi je ne gardais pas tous les vêtements achetés longtemps. Finalement si je ne les garde pas longtemps et que je continue à en acquérir de nouveaux c’est qu’ils ne me conviennent pas.. mais pourquoi? Et j’ai trouvé plusieurs raisons.

Les vêtements 2ème main

En ce qui concerne les vêtements issus du circuit de deuxième main, je dois admettre qu’ils ne vieillissent pas toujours bien, surtout s’ils sont issus de marques Fast Fashion. Je m’autorisais à acheter des vêtements des marques fast-fashion uniquement en deuxième main mais comme la qualité n’est pas là, je trouve que souvent après quelques mois ils sont déjà défraîchis, ne tombent plus bien etc, et du coup même si parfois je les remets dans le circuit de deuxième main ils risquent de finir tot ou tard à la poubelle… Pour ceux-là la solution est simple, fini la fast-fashion, même en occasion.

Il arrive aussi parfois qu’une fois chez moi je réalise qu’ils ne me vont pas si bien que cela. je crois que comme ils sont généralement peu cher, et que je n’ai pas cette culpabilité de consommer de nouvelles ressources, je me contente parfois de choses qui ne me vont qu’à moitié (et généralement une fois chez soi, on ne voit plus que la mauvaise moitié).

Les vêtements neufs

Pour les vêtements neufs que je ne porte finalement pas suffisamment longtemps (je ne parle que de ceux-là, ceux qui sont portés non stop ont tout à fait le droit de séjourner dans ma garde-robe), j’ai trouvé aussi deux raisons. La première est qu’ils ne conviennent pas à ma silhouette. Comme j’achète des vêtements neufs de marques éthiques uniquement, je dois la plupart du temps les acheter en ligne car ils ne sont pas vendus par des boutiques physique a coté de chez moi. Je n’ai donc pas l’occasion de les essayer avant. Et malheureusement s’ils sont super beaux sur les lookbook des marques, ils le sont parfois moins sur moi.

Parfois aussi, j’aime beaucoup le rendu. Mais à l’usage je me rends compte qu’ils ne sont pas aussi confortables que je l’imaginais. Ou ils ne correspondent finalement pas à ma vie quotidienne (partagée entre jours au bureau, et à la maison). Du coup j’ai tendance à ne pas les mettre, et je préfère alors m’en séparer plutôt qu’ils dorment au fond de l’armoire.

De la même façon je me suis posée la question de savoir pourquoi j’adore certains vêtements que je mets tout le temps et que je suis vraiment heureuse d’avoir acquis. Le résultat est clair: qualité des matières et de la confection (européenne), des coupes classiques (qui n’empêchent pas un petit twist, ou une pointe d’originalité), des coloris plutôt neutres, du confort, et enfin ils sont adaptés à ma vie quotidienne. Bref l’opposé de celles citées plus haut.

Les bonnes résolutions

Bien sur il s’agira d’abord d’essayer de réduire drastiquement la quantité de vêtements que j’acquiers puisque c’est là que le bas blesse, tout en utilisant plus longtemps ce que je possède déjà.  Histoire d’attaquer bien comme il faut, je vais essayer de ne rien acheter pendant au moins le mois d’octobre. Ainsi je pourrai réellement me rendre compte si j’ai vraiment besoin de quelque chose ou non. Et si finalement je décide d’acheter quelque chose je compte bien éviter les écueils mentionnés plus haut:

  • M’orienter toujours au maximum vers de l’occasion, qui ne consomme pas de nouvelles ressources, mais cette fois-ci haut de gamme. J’entends par là, pièces de qualité (prix élevé ne veut pas forcément dire qualité), et vers les marques éthiques qu’il faut aussi encourager
  • Essayer au maximum d’acheter en boutique pour avoir l’occasion d’essayer le vêtement et de toucher la matière, regarder les finitions
  • Ne pas hésiter à renvoyer les articles achetés en ligne (neufs ou d’occasion), s’ils ne vont pas absolument parfaitement à 100%.
  • Me demander avant d’acquérir un article comment je vais le porter exactement. Imaginer des tenues pour le bureau et/ou la maison, et m’assurer ainsi qu’ils conviennent vraiment à mon mode de vie.

J’espère ainsi que le peu de pièces que j’achèterai sera adopté pour vraiment longtemps! Reste encore un point sur lequel je n’ai que peu de solution (si vous en avez, partagez!!!), et que je me dois de mentionner ici, c’est le fait que certains vêtements achetés (neufs ou d’occasion) initialement pour mettre au bureau où une tenue assez classe est nécessaire, me semblent difficilement portables lorsqu’ils deviennent défraîchis, usés, ou ont malencontreusement rétréci un peu. Ce sont des vêtements qu’il est malheureusement difficile de ‘reclasser’ comme vêtements pour traîner à la maison… Qui a déjà traîné à la maison en vieux blazer usé aux coudes, ou chemisier habillé avec une grosse tache jamais partie? Perso je préfère le pyjou ou un brave legging. Du coup pour cela, je suis obligée de les renouveler sans savoir quoi faire des anciens…

Enfin bref, après toutes ces considérations, je vous prends à témoin pour cette bonne résolution! Comme cela pas question de faire machine arrière! Et si d’ailleurs vous aussi vous voulez mettre votre dressing à la diète, je vous propose de le faire ensemble!

Avez-vous aussi rencontré ce problème d’achats voulus durables mais qui au final ne le sont pas vraiment?
Quelles solutions avez-vous trouvées?

 

6 Replies to “Ma consommation de vêtements – Confession d’une accro du shopping ethique

  1. Bonjour,
    Je te rejoins totalement sur le fait d’acheter en ligne des marques éthiques et de voir chez soi que finalement la coupe n’est pas top, la photo lui rend trop justice et en vrai c’est bof, bof… et de ne pas le renvoyer car les frais de port coûtent un peu cher et tu trouveras une occasion de le porter (en fait non).
    Il faudrait davantage de magasins de marques éthiques près de chez soi pour justement comparer, toucher le tissu et le vêtement.
    Pour ma part, dorénavant j’achète assez peu de vêtements éthiques mais je mise plutôt sur la durabilité.
    Je viens justement d’acheter une robe d’une créatrice française que j’aime beaucoup (mademoiselledparis) en seconde main et je privilégie la marque people tree (ils vendent sur asos, ça facilite les retours 🙂

  2. J’aurai pu écrire à peu près l’article inverse ! Je n’achète que très peu (que ce soit des vêtements ou des objets) et j’analyse soigneusement mes besoins avant tout achat, a tel point qu’un achat basique peut demander plusieurs mois de réflexion ! On est à la limite de la névrose ! Par contre je suis vraiment mauvaise élève sur les sujets des marques éthiques ou du seconde main. Je me donne bonne conscience en me disant que ma faible consommation « compense » ma mauvaise consommation. Je n’aime pas commander en ligne, j’ai besoin de voir ce que j’achète (je suis la fille qui peut essayer 12 débardeurs noirs à 10 balles pour trouver le bon) du coup je suis celle qui fait le marché avec ses sacs à vrac mais qui s’habille chez H&M et se meuble chez Ikea … pas forcément compatible non plus !

    1. haha, alors nous sommes complémentaires! J’achète aussi peu pour les objets mais les fringues… par contre je ne peux plus mettre les pieds dans un H&M. Bon le principal c’est que nous essayons toutes de faire ce que nous pouvons. C’est déjà cela :-*

  3. Bonjour Emm. La diète du dressing m’a complètement changé la vie. J’ai retrouvé plaisir à m’habiller le matin sans trop hésiter sur le moyen de les assembler! Pour les blazers défraichi, je pense qu’il est judicieux de faire des dons. Il y’a une très chouette association qui s’appelle #Dressforsuccess et à laquelle nous avons fait des dons de chaussures neuves l’an dernier en faveur des femmes qui veulent passer des entretiens d’embauche.
    En d’autre termes, un soutien équitable en faveur des femmes motivées. Je pense que c’est aussi une bonne piste pour les vêtements à peine portés.
    Ton article est #Fabuleux!

    1. Je suis ravie que ton nouveau dressing te plaise. J’avais entendu parler de Dressforsuccess, mais en avais completement oublié l’existence. je vais me pencher sur la question. merci et à bientôt! :-*

  4. Bonsoir, je comprends bien ce côté addictif, personnellement étant un peu enrobée, je me suis aperçue que c’était les silhouettes qui me plaisaient le même vêtement présenté dans ma taille ne m’aurait pas attiré. Bref dans un des articles d’une minimaliste j’ai lu une phrase qui m’a grandement aidé. Il ne faut pas désirer ce que l’on a pas, mais désirer ce que l’on a.

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